lundi 4 septembre 2017

Rentrée des classes

Nous sommes le quatre septembre et c'est ma quatrième rentrée sans élèves. Après tout ce temps, ce jour reste particulier pour moi. Il flotte encore dans l'atmosphère un ersatz de pincement au cœur, un reste d'angoisse lié à cet événement qui a rythmé ma vie d'enfant puis celle d'adulte.

Oh, je sais que j'aurais pu continuer d'enseigner durant plusieurs années, mon insolente bonne santé et mon expérience professionnelle me l'auraient largement permis mais voilà, la folle manie des évaluations, d'interminables et trop nombreuses réunions stériles, une incompétente politique du paraître et un acharnement aveugle à détruire un système qui tournait tout seul avaient fini par me convaincre d'abandonner le navire. Et puis cette suspicion de paresse distillée par les politiques et reprise par une partie de la population...

Comme j'ai aimé transmettre, comme j'ai aimé mon travail de maître d'école ! Toute ma carrière, j'ai dû me battre contre ceux qui n'étaient qu'idéologie, métalangage, storytelling puis in fine tableaux Excel et diapos Power Point.

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Il est un peu plus de neuf heures, je reçois un message sur mon smartphone : Arielle vient de faire sa première rentrée à la maternelle de l'école dans laquelle j'ai enseigné mes dix-neuf dernières années professionnelles. Une photo accompagne le message : bien coiffée et très sérieuse avec son cartable dans le dos, elle est si grande que je me sens tout petit. Un message de ma fille accompagne la photo : la demoiselle, très contente d'aller à l'école, a congédié ses parents d'un signe de la main. Ceux-ci sont ensuite allés boire un coup pour s'en remettre.

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J'ai été grand-père, j'ai ensuite pris ma retraite mais je me sentais toujours en prise avec le système, pestant contre l'incompétence des politiques et l'aveuglement de l'administration. J'étais encore un peu maître d'école.

Arielle fait sa rentrée, la boucle est bouclée. Je deviens un grand-père comme un autre, enfin, je crois. Et puis, ma petite-fille m'appelle "Papy Dinosaure". C'est ce que l'on appelle de la clairvoyance...



samedi 2 septembre 2017

Heureux comme les pierres

Pour le commun des mortels, la Bretagne, c'est ça :

Trégastel

Oui mais les Lutins sont une espèce à part, quand ils vont à la montagne, ils voient d'abord les insectes (ICI, ICI et ). Quand ils vont à la mer, ils voient d'abord ça :


A priori, de bêtes galets... En fait, un monde luxuriant plein de surprises. Sauras-tu, lecteur, cliquer sur la photo pour l'agrandir et compter les oiseaux. Allez je t'aide : trouve deux bécasseaux et quatre tourne-pierres.

Cette fin août, nous sommes allés faire notre trou de Lutin près du Sillon de Talbert. Pour les handicapés de la géographie, le sillon de Talbert est proche de l'île de Bréhat, dans la presqu'ile de Lézardrieux :

Document Google Maps

C'est un impressionnant cordon flottant de galets long de 3,2 km de long, c'est aussi une réserve naturelle appartenant au Conservatoire du Littoral. Par grande marée, à certains endroits, il fait moins de 20 mètres de large et il est prévu que d'ici quelques années, cette formation géologique récente  se brise en plusieurs morceaux (il s'est formé après la dernière glaciation mais n'est devenu sillon à pointe libre qu'au XVIIIème siècle après une tempête qui l'a détaché des ilots d'Olonne situés environ 1,3 km plus loin). En attendant, une troupe de Lutins Maritimes garde jalousement mais courtoisement ce site Natura 2000 dans lequel il est strictement interdit de ramasser le moindre galet ou prélever la moindre plante. Normal.

Entre lutins, on s'entend bien et ils m'ont expliqué des tas de choses, entre autres pourquoi il est interdit de marcher sur certaines parties où nichent les gravelots dont les œufs se confondent avec les galets.

Ami lecteur, clique : je t'ai entouré en rouge le discret gravelot...

J'ai aussi appris qu'en cherchant à protéger le début du sillon par des enrochements, on avait aggravé la situation, la mer creusant ainsi plus profond et évacuant tout plus vite. J'ai eu un cours sur l'importance primordiale de la laisse de mer qu'on prend juste pour un tas d'algues mais qui grouille de vie (cela va des micro-organismes aux musaraignes en passant par les crustacés) et dont le rôle pour la survie du milieu est primordiale (c'est bien beau de herser les plages pour les nettoyer chaque matin en été pour le confort du cucul des touristes mais ainsi on détruit un écosystème et surtout, on prive les plantes des dunes comme les oyats de la nourriture apportée par le vent issue de la décomposition de la laisse ; résultat, à terme on tue la dune). 

Mais il n'y a pas que les bébêtes vous savez, il y a les cailloux et ça, ce n'est pas ma spécialité mais celle de ma Josette qui, son petit Sony à la main, passe son temps à photographier rochers et galets en s'esbaudissant sur la beauté des formations rencontrées.

Josette au Paradis
(Les ilots d'Olonne)

Echaudé par les cours de géologie du collège, je n'ai pas au début été très chaud concernant la caillassologie mais après plus de quarante ans de vie commune, j'ai fini, par capillarité conjugale, par prendre goût à cette discipline à partir du moment où j'ai compris que tout ça c'était la même soupe constamment renouvelée que la nature nous sert et nous ressert ; j'ai même fini par distinguer grès et schistes et plus récemment granites et granodiorites. Et même que je hoche de la tête quand ma femme s'écrie  "Regarde ce magnifique filon de dolérite !"

C'est vrai, c'est pas moche après tout
(Port-Blanc)

Bon, c'est vrai, vivre avec une passionnée de nature demande une certaine constance comme lors de nos balades en Vanoise où mon épouse s'arrêtait devant chaque fleur. Et des fleurs, il y en a des tas en juin ! Même que parfois, ça me donnait un peu chaud !

Pralognan

En ce qui concerne les cailloux, même topo, quand mon épouse est au milieu des roches, il faut savoir attendre et en profiter pour apprendre.

 Port-Blanc

C'est comme cela que, cerise sur le gâteau, j'ai appris ce qu'était un orthogneiss icartien. Ortho quoi ? me direz-vous à moins que vous vous en fichiez comme moi il y a quelques années. En fait, un orthogneiss c'est en l'occurrence un ancien granite recuit par chaleur et pression et dont les cristaux se sont réorganisés (enfin, c'est ce que j'ai compris). Et alors ?

 Photo de ma Josette
Port-Béni

Et alors, ces cristaux de feldspath roses, c'est très beau mais surtout ces roches donnent le vertige puisque leur origine remonte à l'Icartien, ce qui en fait les roches les plus anciennes de France : elles frisent les deux milliards d'années. Elles datent de l'époque où les terrains qui constituent nos régions se trouvaient au Pôle Sud (Il s'agit du même filon qui va du Cap de la Hague à la Bretagne en passant par les Iles Anglo-Normandes).

Deux millliards d'années ! Et moi qui me trouvait trop vieux... Finalement, la Géologie, ça me remonte le moral.

A part ça, la Bretagne, c'est aussi ça :

Bréhat
Et c'est beau...



Pour les spécialistes, un article sur les gneiss de Port-Béni : ICI.


dimanche 6 août 2017

Les insectes de la Vanoise - Troisième partie

Les orthoptères

On va faire court car ces fameux orthoptères sont en fait les sauterelles et les criquets qui, si on ne les cloue pas au sol, ne cessent de sauter çà et là sans répit. Seule une Decticelle montagnarde a bien voulu poser. C'est une espèce essentiellement alpine, on lui donne d'ailleurs aussi le nom d'Analote alpine, sa couleur varie du vert au noir en passant par le brun. Le spécimen présenté est bien sûr une femelle au vu de sa longue tarière (Ben non, ça ne coupe pas, c'est pour pondre !)

Anonconotus alpinus

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Les hyménoptères

Hyménoptère veut dire "Ailes membraneuses". Cet ordre regroupe, entre autres, les guêpes, les abeilles, le tenthrèdes et même les fourmis (mais si, les fourmis ont des ailes mais seulement les mâles et les femelles qui ne volent qu'une fois dans leur vie). Je ne suis pas allé jusqu'à photographier les abeilles et bourdons du coin mais j'ai plutôt préféré faire des clichés des espèces qui ne m'étaient pas familières. Enfin, je vais faire exception pour l'Ammophile des sables que l'on rencontre dans toute la France ou presque à un grand nombre d'altitudes. Celle-ci était partie faire ses emplettes en volant et était revenue à pied en traînant sous elle une grosse chenille qu'elle avait préalablement paralysée avec son dard dans le but de la plonger dans le trou qu'elle avait creusé quelques temps auparavant, la chenille devant servir de garde-manger à la future larve de l'ammophile issue de l’œuf pondu dans ledit trou. Mon intervention photographique lui ayant provisoirement fait lâcher sa proie, on observera que l'Ammophile des sables me regarde d'un œil torve mais ne cherche pas pour autant à me faire goûter de son dard...

Ammophila sabulosa

A la fin d'une longue randonnée sur les limites du parc de la Vanoise, je me promenais à environ 1800 m d'altitude ; le soir approchant, l'ombre commençait à envahir le versant sur lequel je me trouvais, j'admirais les fleurs fort nombreuses quand je vis que des dizaines d'entre elles étaient habitées de Megalodontes cephalotes. Ces jolis hyménoptères, le soir tombant, se logent dans les fleurs qui vont se refermer à la faveur de la nuit, ce qui les met à l'abri des prédateurs nocturnes. Pas bête... A noter que cette espèce de l'Est, plutôt montagnarde se trouve aussi à certains endroits du département de la Manche et dans le Finistère.

Megalodontes cephalotes

Et maintenant trois espèces de Tenthrèdes qu'on appelle aussi Porte-scies à cause de l'organe de ponte femelle qui possède une "scie"qui incise les feuilles des plantes hôtes pour y déposer les œufs à l'abri. Les larves des Tenthrèdes sont appelées "fausses chenilles" à cause de leur ressemblance avec les larves de papillons. Pour commencer, Tenthredo notha que l'observateur distrait pourrait prendre pour une sorte de guêpe :


Tenthredo notha

Très élégante, la Tenthredo caucasica cinctaria semble être essentiellement une espèce alpine en ce qui concerne notre pays.

 Tenthredo caucasica cinctaria

Plus courante mais très discrète, Rhogogaster punctulata se fond aisément dans la verdure, celle-ci s'est laissé approcher sans bouger, apparemment confiante dans ses capacités de camouflage :

Rhogogaster punctulata

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Les diptères


On va dire les mouches... Certaines sont d'une grande beauté comme la Volucelle zonée, d'autres ont un physique plus ingrat comme le Sicus ferrugineus, toutes sont fascinantes. Commençons par la Mésembrine de midi belle mouche noire à la base des ailes couleur or ainsi que le dessous des yeux et l'extrémité des pattes. On la rencontre partout, ses larves, élevées sur les excréments, ont la particularité de manger les larves des autres mouches. L'adulte, elle, se contente de butiner.

Mesembrina meridiana

A l'instar de nombreuses mouches syrphides, la Cheilosia illustrata essaie de se faire passer pour plus dangereuse qu'elle ne l'est, en l'occurrence pour un bourdon. Pour cela, elle ne lésine pas sur les poils, même à la base des yeux. Elle est cependant bien inoffensive.

 Cheilosia illustrata

Eurithia anthophila a l'air moins sympathique avec les poils hérissés de son abdomen. Elle fait partie de la grande famille des tachinides qui ont pour particularité de pondre leurs œufs sur les larves d'autres espèces d'insectes. Le but c'est évidemment que le bébé tachinide dévore ladite larve, bien souvent une chenille ou une fausse chenille. Certaines espèces sont d'ailleurs utilisées en lutte biologique contre les insectes ravageurs. Pas jolie mais bien utile.

 Eurithia anthophila

Pour terminer cette petite revue des insectes de la Vanoise, j'ai choisi de vous présenter une belle dame aux yeux verts qu'on trouvera généralement en montagne : Philipomyia aprica. Au grand restaurant de l'alpage, madame et monsieur Philipomyia se gavent de nectar et de pollen sucrés puis comme beaucoup d'espèces après un bon repas, ils s'accouplent. Tout le monde a fait cela mais là où ça se gâte, c'est que, délaissant son compagnon, madame Philipomyia va ensuite chasser le bétail paissant paisiblement dans les prairies pour lui pomper du sang en vue de la fabrication de ses œufs. 

Philipomyia aprica







mardi 1 août 2017

Les insectes de la Vanoise - Deuxième partie

Les coléoptères

Eux, on les connaît bien. Chacun a appris à l'école qu'ils ont deux ailes et deux élytres comme la coccinelle. Nous allons commencer par un petit coléoptère au nom pétaradant : le Clairon des abeilles. Non, sa fonction n'est pas de réveiller les abeilles le matin pour qu'elles aillent au turbin, c'est plutôt de pondre ses œufs dans les nids d'abeilles sauvages. Les larves du Clairon vont ensuite se nourrir en dévorant les œufs et les larves présents dans le nid. Les abeilles domestiques, plus à cheval sur le ménage, ne craignent généralement rien tant que leur ruche est bien tenue.

 Trichodes apiarius

Passons maintenant aux chrysomelidae, une famille de coléoptères qui donnent des maux de têtes à ceux qui essaient de les identifier tant sont importantes les variations de couleur à l'intérieur d'une même espèce (J'en ai moi-même identifié trois espèces dans mon petit jardin normand : Herbacea, Americana, Bankii). En fait, pour savoir à qui on a affaire, il faut regarder le kiki du monsieur dont la taille peut parfois atteindre les deux tiers ou plus de la longueur totale de son corps. Enfoncés les ânes et autres mustangs.
Commençons par Oreina collucens :

Oreina collucens

 Puis  la Chrysomèle alpine des Composées identifiable plutôt par la plante sur laquelle elle se trouve que par sa couleur :

Oreina cacaliae

Et enfin Oreina gloriosa identifiée aussi par son hôte :

Oreina gloriosa

Passons aux cetoniidae. Vous connaissez certainement la Cétoine dorée, bel insecte vert métallisé qui séjourne peut-être dans votre jardin et dont les larves sont malheureusement confondues avec celles du hanneton alors qu'elles sont d'excellents auxiliaires pour la formation du compost ; eh bien, j'en ai déjà photographié des spécimens partiellement ou totalement rouge foncé. C'est pourquoi, quand j'ai photographié l'insecte qui suit, j'ai cru à une variation naturelle de la couleur de Cetonia aurata. Que nenni, il s'agissait en fait d'une Protetia cuprea bourgini. Désolé, cette cétoine n'a pas de nom plus facile à retenir.

Protetia cuprea bourgini

Et maintenant, trois coléoptères qu'on a peu de chances de rencontrer en dehors des zones montagneuses. D'abord, le Dascillus cervinus qui se présente fièrement à vous du haut de ses 11 à 12mm. Il faut dire qu'il est unique car il est le seul représentant de sa famille (dascillidae) en Europe. Il vit essentiellement au voisinage des fleurs des régions montagneuses à proximité des ruisseaux.

 Dascillus cervinus

Voici ensuite la verte et fort jolie Cicindèle des Alpes. Ce petit prédateur mangeur de fourmis et autres petits insectes vit sur des espaces dégagés caillouteux ou sablonneux. On peut la rencontrer au pied des névés. Sa larve est une piégeuse qui s'enfonce dans un trou qu'elle creuse, ne laissant dépasser que l'extrémité de ses mandibules. Gare à qui passe à proximité ! En faisant des recherches sur cet animal, je me suis aperçu que cette Cicindèle était quasiment la sœur jumelle de la Cicindelle verte des pinèdes, une espèce américaine en voie de disparition et donc protégée.


  Cicindela gallica

Et pour finir ce chapitre, le gros Pachyte à quatre taches, un cérambycidé habitant les zones montagneuses pourvues de conifères. Celui-ci a été photographié à un peu plus de 1600m d'altitude.

  Pachyta quadrimaculata

mercredi 26 juillet 2017

Les insectes de la Vanoise - Première partie

Plutôt que de vous imposer une looongue soirée diapos sur le thème de ses vacances dans les Alpes, Papy Lutin vous invite à une balade entomologique située entre 1500 et 2700m d'altitude où vous trouverez des insectes communs ou plus rares mais toujours beaux et surprenants.


Les Lépidoptères

Oups, restons simples, vous les connaissez sous le nom de papillons. En juillet, ils couvrent les alpages et rendent fous les lutins qui aimeraient bien qu'ils se tiennent tranquilles de temps en temps comme le Machaon rencontré jusqu'à 2700m d'altitude mais dont je n'ai jamais pu faire un cadrage correct. Dommage pour sa longue double queue et les couleurs à la base de ses ailes. Ce papillon est très courant, vous l'avez certainement rencontré tournant autour de vos plants de carottes ou de persil que sa belle chenille verte et noire à pois orange se fait un plaisir de dévorer.

 Papilio machao

J'eus plus de chance avec son cousin proche le Flambé, autre porte-queue qui, lors de la période des amours, organise une partie en groupe au sommet d'un relief pour l'accouplement. Après bien des déboires, j'ai pu en pister un qui s'était isolé et qui butinait tranquillement. 

 Iphiclides podalirius

Encore un cousin du machaon (papilionidés) : l'Apollon dont le mâle est un gros macho qui sécrète un petit bouchon lors de l'accouplement qui verrouille l'appareil génital de la femelle condamnée à n'avoir dans sa courte vie de papillon qu'une seule partie de pattes en l'air alors que monsieur va continuer de batifoler jusqu'à sa mort.

 Parnassius apollo

D'une autre famille mais d'une forme et d'une taille proche de l'Apollon, le Gazé, tout blanc et délicatement nervuré est un as de l'accouplement. Le mâle, contrairement à ce pithécanthrope d'Apollon, honore madame (ou mesdames) de nombreuses fois sans leur boucher le kiki, ce qui donne à chaque fois une ponte. Dans des conditions expérimentales, pour un seul couple, on a obtenu 15 pontes en deux semaines pour un total de 1278 œufs (voir ici).

 Aporia crataegi

A propos de ces deux derniers papillons, j'ai assisté à une drôle de scène : Alors que je photographiais un Apollon, un Gazé s'est subitement précipité sur celui-ci et s'est posé dessus en mimant un accouplement. L'Apollon s'est aplati comme s'il se soumettait puis le Gazé s'est soudain envolé, peut-être en s'excusant et en prétextant une mauvaise vue, allez savoir...

 A l'assaut ! Oups !

Houlà, maintenant, avec le Moiré aveugle on aborde les papillons fiers de leurs racines, celui-ci ne se trouve que dans les Alpes ou à proximité. Gageons qu'il ne dédaigne pas la fondue et le génépi...

 Erebia pharte

Autre papillon alpin, le Nacré des Balkans qui ne vit que dans les Alpes et les Balkans (ben oui...). Il a comme plante-hôte la pensée sauvage très présente sur les pentes alpines.  

 Boloria graeca

Autre nymphalidae plus répandu mais plutôt cantonné à l'est de la France, la Mélitée noirâtre dont le nom est dû à la teinte sombre de la face interne des ailes mais dont la face externe présente une bien jolie géométrie.

Melitaea diamina

Et maintenant, deux petits malins de la famille des Azurés (parce que les mâles sont bleus au niveau des faces internes des ailes). Tout d'abord, l'Argus bleu que j'ai souvent rencontré en grand nombre en train de butiner de la crotte, ce qui ne doit pas lui donner une bonne haleine mais ce qui lui apporte de précieux nutriments. Sa chenille se fait dorloter par certaines espèces de fourmis en émettant une sécrétion sucrée que les fourmis lèchent et qui atténue leur agressivité. En échange, les fourmis protègent la chenille de ses prédateurs. C'est bien connu, la lèche permet de se garantir une place confortable en société.

 Polyommatus icarus

Autre papillon azuré, l'Azuré des mouillères qui vit toujours proche d'une zone humide où il trouve sa plante hôte : la gentiane pneumonanthe. Une fois qu'elle a boulotté assez de graines de gentiane, la chenille de l'Azuré des mouillères se laisse tomber au sol et, quand elle croise des fourmis du genre myrmica attirées par le miellat que ses glandes dorsales sécrètent, elle émet des phéromones imitant à la perfection les phéromones émises par les fourmis elle se fait transporter dans la fourmilière où elle s'installe tranquillement pour se nourrir des œufs et les larves des fourmis qui n'y voient que du feu. Une fois rassasiée, la chenille se nymphose puis se transforme en un papillon qui va vite fait quitter la fourmilière avant qu'on s'aperçoive des dégâts. Le papillon présenté sur la photo est une femelle qui est brune (avec des reflets bleus selon la lumière) alors que le mâle est d'un beau bleu. La partie externe des ailes est très différente, proche de celle de l'Argus bleu.

 Maculinea alcon

L'Hespérie de l'échiquier fait partie de cette famille de papillons (Hesperiidae) aux caractères primitifs et au vol vif. Leurs chenilles, pour se métamorphoser à l'abri, s'enroulent dans des feuilles qu'elles fixent avec des soies.

Carterocephalus palaemon

Je termine ce tour d'horizon non exhaustif des papillons de la Vanoise par deux espèces nocturnes. D'abord la Panthère. Tout papillon nocturne qu'il puisse être, on peut facilement l'observer en plein jour. 

Pseudopanthera macularia

Et pour finir, un papillon à tête de chauve-souris : le Bombyx du chêne que j'ai trouvé à environ 1900m d'altitude ce qui n'a pas laissé de m'intriguer car les chênes ne poussent pas à cette altitude. En fait, ce papillon présent dans tout le pays est un opportuniste dont la chenille peut vivre sur les chênes, les arbres fruitiers et de nombreuses espèces d'arbustes.

Lasiocampa quercus



lundi 17 juillet 2017

Goodbye George


George Romero est mort... et bien vivant pour tous ses fans.

George Romero n'est pas seulement le créateur du film de morts-vivants, il a produit dès 1968 (La nuit des morts-vivants) une critique au vitriol de la société américaine poursuivie dans son deuxième film (Zombie 1978) qui se passe dans un centre commercial où les morts continuent d'errer comme ils le faisaient du temps de leur vivant. Parmi l’œuvre modeste mais déterminante de ce maître de l'horreur, nous noterons l'excellent "Territoire des Morts" (Land of the Dead 2005), véritable plaidoyer pour la différence dans lequel les morts-vivants, devenus le gibier d'américains surarmés, finissent par revendiquer leur identité ainsi qu'un territoire pour y vivre-mourir dignement.