samedi 25 septembre 2010

Guernica


L'Art relie le passé au présent


Le lundi 26 avril 1937, jour de marché à Guernica (pays basque espagnol), quatre escadrilles de Junkers de la Légion Condor Allemande ainsi que l'escadrille VB 88 de bombardement expérimental, escortées par des bombardiers italiens et des avions de chasse allemands, procèdent au bombardement de la ville afin de tester leurs nouvelles armes. L'attaque commence à 16h30, aux bombes explosives puis à la mitrailleuse et enfin aux bombes incendiaires. Après avoir lâché quelques 50 tonnes de bombes incendiaires, les derniers avions quittent le ciel de Guernica vers 19h45. Après le massacre, 20% de la ville était en flammes, et l'aide des pompiers s'avérant inefficace, le feu se propagea à 70% des habitations.

Le nombre officiel de victimes, toujours maintenu depuis par le gouvernement basque, fait état de 1 654 morts (1/3 de la population) et de plus de 800 blessés.

Pablo Picasso peindra l'horreur de cet événement dans un tableau devenu célèbre : Guernica, commande du gouvernement républicain espagnol pour leur pavillon de l'exposition universelle de 1937 à Paris. À  l'ambassadeur nazi à Paris qui lui aurait demandé, un peu indigné, lors de son exposition, si c'était lui qui avait fait cela, Picasso aurait répondu : « Non, c'est vous ».

 La ville après le bombardement

Soixante et onze ans plus tard, je parle à mes élèves de Ce2 (entre 8 et 9 ans) de ce tragique événement et, pour clore une année (2007- 2008) d'Arts Plastiques consacrée à Picasso, je leur propose de reproduire le célèbre tableau à l'aide d'un projecteur de diapositives et de six feuilles bristol grand format collées au tableau.


Après avoir occulté les fenêtres de la classe avec des sacs poubelle, Ils se sont mis au travail par groupes de trois, les autres attendant sagement leur tour dans l'obscurité au fond de la pièce. Au fur et à mesure de la réalisation, 3h00 pleines sans récréation, le groupe est rentré dans une espèce de transe. L'extrême concentration des enfants était perceptible et une tension positive montait graduellement jusqu'à la réalisation finale.

  Les photos sont prises à la lumière du projecteur avec une pose importante et une forte sensibilité.

Maladroit de nature, je suis peu intervenu, mon seul rôle a été de les encourager et de les persuader qu'ils sont toujours capables du meilleur. Comme je leur dis souvent : "Faites comme vous voulez, je vous demande juste que ce soit parfait..."

 Détails de la réalisation

Les enfants commentaient en travaillant et je me suis aperçu qu'ils accédaient à une connaissance de plus en plus pointue de la composition de l'oeuvre qu'ils ne voyaient au départ que comme une seule scène compacte. Leurs yeux s'ouvraient et chaque détail devenait un symbole sur lequel ils se sont interrogés et m'ont interrogé.

 
Le taureau a bien été perçu comme une expression de la brutalité, tel le minotaure qui dévore ses proies.
La femme a été reliée aux nombreuses femmes qui pleurent de l'oeuvre de Picasso. 

Un peu en retard et passablement fatigués, nous sommes sortis en rang (je suis un vieil instit...) pour nous diriger vers le grille de l'école. Là, les gamins ont littéralement sauté sur leurs parents pour les traîner dans la classe et leur faire une visite commentée.

 Voilà le travail : 1,90mx0,90m entièrement fait au marqueur.

Je souriais, j'étais fier d'eux. Quand les enfants m'ont demandé ce qu'on ferait le lendemain matin, je leur ai dit :
"- Dictée, approche de la division puis pluriel des adjectifs, les gamins; faut pas mollir !"
- Beuh...c'était mieux aujourd'hui!"
Et ils sont partis en riant. 


Art en classe : 

Picasso

Picasso : Guernica

Van Gogh

Basquiat

Warhol

Matisse et Modigliani

Portrait (Warhol, Matisse, Modigliani, Picasso)

Poésie en classe :

Haïku en CM2

Haïku en CE2

Les voix du poème

Enfances

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